À ce qui fut nous deux
Ce livre est moins une histoire d’amour qu’une autopsie de la conscience amoureuse. On est dans un monologue intérieur, où la pensée tourne en rond, se contredit, s’approfondit. Il nous entraîne de la vie au cercueil, du rire aux larmes, des déclarations d’amour au casus belli. Il transforme le banal en brutal et, parfois contre toute attente, en beauté. Parce qu’il dit la fatigue d’exister sans drame, sans héroïsme, mais avec cette dignité cabossée qui appartient aux vivants, une écriture crue, traversée d’éclats.
Une langue taillée dans le réel, parfois désespérée, mais jamais mensongère. On y entend un homme qui souffre, qui blesse parfois.
Au fond, Boris Tassi n’écrit pas tant sur lui-même que sur ce que nous passons notre vie à détourner du regard.